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Félicie de Fauveau est né le 24 janvier 1801 à Livourne, elle est l’aînée d’une famille de 4 enfants et son père, Alexandre de Fauveau, descend d’une famille de financiers anoblie en 1740, qui s’est installée en Italie peu avant la Révolution.
En 1814, lors de la Restauration, la famille de Fauveau, ruinée par de mauvais placements, rentre en France. A Paris, sa mère tient un salon dans la Nouvelle Athènes, proche de celui de la duchesse de Berry, que Félicie fréquente, ayant toutes deux le même âge.
C’est grâce à ses fréquentations qu’elle décide de devenir artiste. Elle commence par peindre, travaillant dans l’atelier de Louis Hersent, puis, sous l’inspiration de Paul Delaroche, elle se consacre en autodidacte à des études approfondies de l’histoire, de l’héraldique, de l’art médiéval et à la sculpture avec son frère cadet Hippolyte. L’atelier de Fauveau étant alors voisin de celui du peintre Ary Scheffer, c’est là qu’elle y trouve sa passion pour le Moyen-Age.
Pour subvenir aux besoins de sa famille, et sans doute poussée par une aspiration profonde, Fauveau se « professionnalise » : elle est la première femme sculptrice à vivre de son art. A 26 ans, elle débute au Salon par un coup de maître avec un groupe en bas relief (inspiré de Walter Scott) : Christine de Suède, qui remporte les suffrages et lui vaut une renommée incontestable. Lors de sa visite au Salon, Alexandre Dumas tombe en arrêt devant ce dernier et décide de s’en inspirer pour une pièce, Christine, qui est reçue au Théâtre Français, six mois plus tard.
Après le Salon, Félicie sera sollicitée pour des portes destinées au Louvre de Charles X, un tabernacle pour la cathédrale de Metz (non réalisés) et entreprend pour le comte de Pourtalès la Lampe de saint Michel et le Monument à Dante.
Les choses changent en 1830, après l’abdication de Charles X. Revendiquant sa fidélité aux Bourbons, Félicie de Fauveau s’oppose à Louis-Philippe aux côtés de Félicie de Duras, comtesse de La Rochejaquelein, qu’elle accompagne en Vendée. Malgré les objets d’art décoratif militants qu’elle produit pour ses compagnons d’armes, cette période marque un tournant dans sa carrière : l’artiste atypique laisse alors place à la fascinante héroïne de la Vendée.
Cependant, elle est arrêtée au mois de novembre 1831 et passera quelques mois en prison. Elle sera finalement acquittée en février 1832 et retournera aussitôt en Vendée à l’appel de la comtesse de La Rochejaquelein pour participer activement au soulèvement manqué de 1832 (cinquième guerre de vendée). La même année, la duchesse de Berry est finalement arrêtée et Félicie de Fauveau et Félicie de Duras, jugées par contumace en 1833, sont condamnées à la déportation à vie et donc contraintes de gagner clandestinement l’étranger.
Félicie de Fauveau s’installe à Florence, dans un exil d’abord forcé puis volontaire, puisqu’elle y reste jusqu’à sa mort, malgré l’amnistie de 1837. Elle est accueillie par le sculpteur Lorenzo Bartolini et se consacre désormais pleinement à la sculpture.
Elle crée à Florence son propre atelier, fréquenté par les amateurs d’art comme les curieux mais qui aura aussi été le témoin de visites de personnalités prestigieuses comme le comte de Chambord ou le tsar Nicolas Ier (en 1845 ou 46?).
À Florence, durant cinq décennies, elle donne à la statuaire monumentale et domestique les formes d’une esthétique néo-gothique et néo-renaissance inspirée. Sa lampe de saint Michel en fut le manifeste.
Sans fuir dans la nostalgie, et avec la lucidité des romantiques, Félicie de Fauveau poursuit l’inscription dans la sculpture des règles de pensée et moralité qui firent l’ancien royaume de France. Elle réalisa d’ailleurs de nombreux portraits, œuvres de commandes souvent alimentaires et toujours rémunératrices. « C’est la belle partie de l’art que les portraits et ce qui se paie le mieux » (Félicie) Avec ces portraits elle reste toutefois fidèle à ses convictions, n’acceptant que les commandes de ses proches, des étrangers royalistes et des aristocrates français légitimistes qui se pressent dans son atelier.
Admiratrice du sculpteur et orfèvre de la Renaissance Benvenuto Cellini, Félicie de Fauveau se consacre comme lui à la sculpture et aux arts décoratifs. Elle conçoit aussi bien des dagues d’apparat, des cadres de tableaux, que des bijoux ou des pommeaux de canne. Elle ne sacrifie pas pour autant à la production sérielle rémunératrice : ses œuvres sont le plus souvent uniques.
Appartenant à cette génération qui, fascinée par le Moyen Âge, avait découvert la statuaire dans le musée des Monuments français où Alexandre Lenoir avait réuni les œuvres sauvées du vandalisme de la Terreur, elle avait à parts égales une passion d’«antiquaire », de collectionneur, et la volonté de ressusciter dans son œuvre l’époque médiévale qui, pour des raisons politiques et religieuses, constituait son idéal.
Félicie de Fauveau meurt le 12 décembre 1886 à Florence, où elle est enterrée au cimetière San Felice a Ema. Elle tombera malheureusement dans l’oubli dès la fin du XIXe siècle, n’ayant plus rien pour plaire à un XXe siècle républicain et laïc.
La toute première rétrospective à lui être consacrée remonte à 2013, où une exposition organisée par l’Historial de Vendée et le musée d’Orsay a permis de rassembler ses œuvres, qui sont aujourd’hui dispersées et peu visibles. Je vous conseille donc de feuilleter le catalogue de l’exposition.
Pour découvrir les œuvres de Félicie de Fauveau à Paris, direction le Musée du Louvre, qui a acquis deux de ses œuvres assez récemment.
En 2013, le Louvre achète chez Charles Janoray à New York la lampe à l’archange St Michel, qui est aujourd’hui dans le département d’art décoratifs du Louvre.
En 2018 c’est la Statue de Santa Reparata en terre cuite polychrome, qui est acquise pour 78 000€ et qui fait aujourd’hui partie du département des sculptures du Louvre.